La biométhanisation à Québec : un modèle d’économie circulaire urbaine

29 Oct 2025

Le 21 octobre, la Ville de Québec, en collaboration avec TPQuébec, a organisé une visite technique de son Centre de biométhanisation de la matière organique (CBMO). Une vingtaine de représentant.e.s de municipalités québécoises y ont pris part afin d’observer les procédés de valorisation des matières organiques et des boues municipales. Ce centre, opérationnel depuis avril 2023, illustre une approche innovante de gestion des matières résiduelles, fondée sur la production de gaz naturel renouvelable et de fertilisants organiques.

Dans le cadre de son Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR), la Ville de Québec a mis en œuvre un projet de biométhanisation visant à réduire l’enfouissement des matières organiques et à valoriser les déchets municipaux. Le centre, situé à proximité de la Baie de Beauport, traite conjointement les boues d’épuration et les résidus alimentaires collectés dans les « sacs mauves ». L’objectif principal du CBMO est double : produire du gaz naturel renouvelable (GNR) et générer des fertilisants agricoles à partir du digestat issu du processus de digestion anaérobie.

Déroulement de la visite
Le bâtiment, inauguré en avril 2023, comprend des installations administratives, des espaces de travail technique et un centre d’accueil éducatif offrant une vue directe sur les opérations industrielles. Les participant.e.s ont été accueilli.e.s par Patrick Bastien, directeur du Service des travaux publics, et ont assisté à une présentation dirigée par Érick Pelletier, directeur par intérim de la section des opérations des eaux usées. Cette présentation a détaillé les principales étapes de conception et de mise en service du complexe, ainsi que les procédés biologiques impliqués dans la production de biogaz. Le centre est récent et plusieurs procédés sont encore en processus d’optimisation. La présentation s’est poursuivi à l’extérieur pour une visite des installations.   

Principe scientifique de la biométhanisation
La biométhanisation, également appelée digestion anaérobie, est un processus biologique de dégradation des matières organiques en absence d’oxygène. Les matières organiques — boues municipales et résidus alimentaires — sont pompées vers un hydrolyseur, où elles sont mélangées et décomposées en molécules plus simples.

Les bactéries anaérobies produisent ensuite des enzymes qui transforment ces composés en acides gras volatils et en alcools, précurseurs de la formation de méthane (CH₄). Le biogaz ainsi produit constitue une source d’énergie renouvelable.

Valorisation des sous-produits
À la fin du processus, la matière résiduelle — le digestat — est transférée vers une unité de déshydratation, où sont séparées les fractions solides et liquides.

  • Le digestat solide est transformé en fertilisant granulaire et acheminé vers les terres agricoles.
  • Le digestat liquide peut être utilisé comme amendement organique complémentaire.

En 2024, le centre a généré environ 8 millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable, dont 4 millions ont été injectés dans le réseau gazier — une quantité équivalente à la consommation annuelle de 1 200 foyers. La production de fertilisants s’élève à environ 6 000 tonnes par an, offrant une alternative durable aux engrais azotés conventionnels.

Défis et perspectives
Malgré ses performances prometteuses, le projet fait face à plusieurs défis :

  • la sensibilisation continue des citoyen.ne.s à la qualité du tri des matières organiques ;
  • la prévention des obstructions dans les conduites de transport de biopulpe ;
  • l’optimisation des procédés biologiques en cours d’ajustement.

Ces enjeux demeurent néanmoins maîtrisables et n’altèrent pas la portée environnementale et technologique du projet.

Le Centre de biométhanisation de la matière organique (CBMO) de Québec représente une réalisation exemplaire en matière d’économie circulaire municipale. En transformant les déchets organiques en ressources énergétiques et agronomiques, il contribue activement à la transition écologique urbaine et à la réduction de l’empreinte carbone de la Ville de Québec. Ce modèle pourrait inspirer d’autres municipalités désireuses d’intégrer des solutions de valorisation durable dans leur gestion des matières résiduelles.

Source : Ville de Québec

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